Édition de décembre 2018 | Parution 14

Portrait DU MOIS | L’ORDRE VOUS PRÉSENTE BRIGITTE BOISSELLE, T.R.O.

NOM : Brigitte Boisselle, t.r.o.

TITRE : Technologue en radio-oncologie – secteur activités cliniques

LIEU DE PRATIQUE : Hôpital Maisonneuve-Rosemont

PRATIQUE LA PROFESSION DEPUIS (ANNÉE DE DIPLOMATION) : 1987

NOM DU COMITÉ ET RÔLE OCCUPÉ : 

  • Depuis 2007, responsable du Comité d’inspection professionnelle
  • Depuis 2013, membre du Comité de développement professionnel
  • Au cours des années antérieures : membre du Comité d’inspection professionnelle, membre du Conseil d’administration (Bureau), membre du Comité de vérification des examens, membre du Comité des examens

Pourquoi avez-vous choisi de devenir technologue?

Après avoir étudié un an en sciences de la santé au cégep, je suis allée visiter un département de radio-oncologie. Lorsque l’institutrice clinique nous a fait visiter le Service, elle discutait avec les patients comme si elle les connaissait personnellement. J’ai tout de suite été séduite par cet aspect de la profession. Puisque la plupart des patients qui ont des traitements de radiothérapie viennent tous les jours de la semaine, et ce pendant plus d’une semaine, une relation particulière s’établit entre eux et le personnel de l’équipe. Ce côté humain très présent s’ajoute au côté scientifique. Je venais de trouver la profession qui allait me combler. On peut presque dire que j’ai eu la vocation.

Pourquoi vous impliquez-vous au sein de l’Ordre? Qu’est-ce qui vous apporte le plus de satisfaction dans votre implication? De quelles réalisations êtes-vous la plus fière?

J’ai été recrutée dès le début de ma carrière par une technologue qui s’impliquait beaucoup au sein de l’Ordre et qui m’a transmis sa passion. Aujourd’hui, je m’implique parce que je crois que c’est la meilleure façon de faire changer les choses et que si l’on ne le fait pas, d’autres prendront les décisions pour nous.

J’ai été membre du comité d’inspection professionnelle pour la radio-oncologie pendant quelques années et quand on m’a demandé si je voulais devenir responsable du comité, j’ai douté de ma capacité à remplir ce mandat. J’ai cependant accepté le défi et avec l’appui des autres membres du comité et du personnel de l’Ordre, je crois que j’ai réussi.

À votre avis, quelles sont les qualités recherchées chez les technologues de demain? Pourquoi?

Avec l’évolution de plus en plus rapide de la technologie, le technologue devra avoir une grande capacité à s’adapter. Mais il devra surtout être capable de conserver son côté humain, même s’il semble passer moins de temps auprès du patient et un peu plus devant l’ordinateur. Il ne devra pas se laisser automatiser : l’humain doit continuer à contrôler la machine. Malgré les grandes capacités des systèmes, ceux-ci ne peuvent remplacer l’homme, sa curiosité, son questionnement et son jugement.

Quel est votre rêve le plus fou pour la profession?

Que les technologues développent leurs capacités d’aller plus loin, de faire de la recherche, d’avoir envie de plus… Se dépasser, participer au développement de leur profession en s’impliquant dans les projets, les comités, ne pas laisser les autres professionnels faire ce qu’ils sont capables de faire et s’ils ne sont pas capables, développer leurs aptitudes à le faire, demander d’avoir accès à la formation qui leur permettra de dépasser leurs attentes…

Décrivez-nous une anecdote vécue dans le cadre de votre travail.

Quand j’ai débuté dans le métier, pour certains traitements d’ORL, les patients étaient installés sur une chaise d’ORL avec la tête fixée par une bande de velcro pour éviter qu’elle bouge. On peut dire que nous étions très limités en accessoires d’immobilisation! Il n’y avait pas encore de caméras de surveillance dans les salles de traitement, mais nous avions quand même un système de communication audio pour entendre le patient.   Pendant le traitement, on s’assurait qu’il ne bougeait pas en le surveillant par une petite fenêtre blindée. Il faut préciser que nous tamisions les lumières pour voir le faisceau de traitement sur la peau du patient donc la visibilité était quand même limitée. Un jour, pendant le traitement d’un de ces patients, mon regard s’est détourné de la fenêtre pendant quelques secondes et quand il est revenu à la fenêtre, le patient se tenait debout, le visage directement devant le carreau!  Sur le moment, la situation n’était pas drôle, mais maintenant, on peut en rire!