Édition d'avril  2018 | Parution 07

Portrait du mois

Louise Picard, technologue en imagerie médicale, à la retraite.

Elle a pratiqué la profession de 1977 à 2017 à l’hôpital Chauveau.  

Pourquoi avez-vous choisi la profession de technologue?

Je savais que je voulais travailler dans le domaine de la santé. Il y a 40 ans, il y avait peu de choix. Après avoir étudié les possibilités qui s’offraient à moi, le choix de technologue en radiodiagnostic s’est avéré très attrayant. Ce que je désirais avant tout, c’était d’aider les gens. Les images radiologiques me fascinaient : le corps humain est si extraordinaire.

Je n’ai jamais regretté mon choix. Même après 40 ans, j’étais toujours contente d’aller travailler, car je savais que mon travail était utile et contribuait, avec celui de toute l’équipe médicale, à donner des réponses. Lorsque l’on aime notre travail, ce n’est plus un travail.

Qu’est-ce qui vous a apporté le plus de satisfaction dans votre carrière? 

J’espère et je crois avoir transmis, par mon attitude, l’amour de mon métier et le désir de bien travailler à toutes les personnes que j’ai côtoyées. Je souhaite avoir aidé à faire grandir d’autres technologues, comme eux m’ont permis de grandir au cours de mes années de pratique. C’est en partageant notre savoir-faire qu’on devient plus fort autant sur le plan technique que sur le plan humain. Le travail d’équipe est très stimulant.

Une de mes priorités a été de rendre plus humaine la pratique de la radiologie chaque journée de ma carrière : une couverture, un coussin, une parole réconfortante, un sourire, ça ne prend que quelques secondes et ça fait toute une différence pour un patient sur une table de radiologie dont la surface est dure et froide.

Le sourire des patients lorsqu’ils quittaient la salle de radiologie était ma récompense, ma satisfaction du devoir accompli à tous les niveaux.

À votre avis, quelles sont les qualités recherchées chez les technologues de demain? Pourquoi?

Être capable de combiner la technique, la polyvalence et la débrouillardise tout en rendant la pratique en radiologie très humaine. Il ne faut pas oublier qu’on travaille avec des humains qui sont inquiets et qui ont parfois mal. Il faut en tenir compte dans notre pratique. Instaurer un lien de confiance : c’est très important; ça ne coûte rien et ça rapporte beaucoup.

Nommez une personne qui vous a inspirée et expliquez pourquoi.

Tous les stagiaires m’ont inspirée. Chacun nous force à nous surpasser. J’ai constaté, au fil des ans, qu’ils ont contribué à rehausser notre niveau, car on doit répondre à leurs questions, c’est notre responsabilité de démontrer notre savoir-faire tout en suivant les changements qu’ils nous apportent du cégep. C’est quelquefois déstabilisant pour nous, mais combien enrichissant. Il y avait beaucoup de discussions, de mise à niveau, de recherches dans les cahiers, livres de référence, etc.  C’est ce qui rend le domaine de la radiologie très vivant et toujours en évolution.

Quel est votre rêve le plus fou pour la profession?

Une plus grande reconnaissance de notre profession, plus d’autonomie. Nous en sommes capables. Depuis des années, on entend parler de formation universitaire. À quand? Je pense que l’imagerie médicale est prête à grandir et à prendre une part plus grande dans le domaine médical. Le milieu a besoin de nous, il faut prendre notre place.

Décrivez-nous une anecdote ou une situation loufoque vécue dans le cadre de votre travail.

Au cours de ma carrière, j’ai reçu des chapelets, livres religieux, médailles et images bénites par le pape, des prières. Mes collègues me taquinaient et se demandaient pourquoi.

J’aime croire que mon accueil et mon sourire les réconfortaient. Ils me disaient : « Gardez votre sourire, on aime ça. À leur façon, ils rendaient hommage à notre profession. Les premières fois, j’ai voulu refuser, mais je voyais que je créais un malaise. Pour eux, c’était un présent naturel, leur façon de me remercier.

Avec mes collègues, ce fut des petits moments de partage, de gaité et de sourire dans une journée de travail qui souvent était exigeante. Durant ces années, j’ai redistribué ces présents qui, je l’espère, ont fait du bien à d’autres personnes. Comme on dit : « Donner au suivant! »