Édition de septembre 2018 | Parution 11

Portrait du mois | L’Ordre vous présente Jacqueline Bergeron Gagnon, t.i.m.(E)

NOM : Jacqueline Bergeron Gagnon t.i.m. (E), B. Éd.

TITRE : Consultante en imagerie médicale

LIEU DE PRATIQUE : Régie régionale de la santé et des services Sociaux du Nunavik

ANNÉE DE DIPLÔMATION : 1975

Récipiendaire du prix Émérite : 2011

Technologue et enseignante en radiodiagnostic, co-auteure du programme d’Attestations d’Études Collégiales en ultrasonographie en conformité avec le programme de l’Association canadienne des professionnels autorisés en échographie diagnostique (ACPAED), collaboration à l’implantation de cours crédités et non crédités en imagerie médicale, soutien clinique et administratif au Dossier Santé Québec. Jacqueline Bergeron Gagnon œuvre présentement comme consultante en imagerie médicale en réponse à un besoin d’un service d’échographie pour la population autochtone du Nunavik.

Engagement au sein de l’Ordre :

      • Membre du comité de discipline;
      • Responsable du comité de la formation;
      • Membre du Bureau de l’Ordre;
      • Membre du conseil d’administration à titre de trésorière;
      • Responsable du comité de vérification;
      • Membre du comité des examens;
      • Responsable du comité d’ultrasonographie.

 

Pourquoi avez-vous choisi de devenir technologue?

Originaire d’une charmante ville nommée Granby, ville-centre de la Municipalité régionale du comté de la Haute-Yamaska située entre Montréal et Sherbrooke, le milieu de la santé m’intéressait beaucoup, mais je trouvais les exigences d’entrée très élevées. Persistante et pleine d’espoir, j’ai travaillé assidûment à augmenter le niveau de mes résultats scolaires afin de poursuivre mon rêve. Par la suite, deux profils de programme se sont offerts soient les programmes de technologue de laboratoire et celui de technicienne en radiodiagnostic.

Dans un premier temps, le besoin de contact avec les patients, l’apprentissage du corps humain ainsi que la visualisation des images a su attirer mon attention.

En deuxième lieu, l’importance du diagnostic dans la phase du traitement du patient ainsi que l’avancée des technologies au fil des années m’ont aussi interpellée.

Finalement, la diversité des secteurs d’apprentissage et des professionnels rencontrés me permettait de répondre à un besoin de faire partie d’une équipe multidisciplinaire et d’apprendre l’interaction des interventions lors du passage du patient dans un centre hospitalier. (Urgence, Service de radiologie, étages, Soins intensifs, Unité coronarienne etc.)

 

Pourquoi vous êtes-vous impliquée au sein de l’Ordre?  

Mon implication au sein de l’Ordre fut très formatrice. La mise en commun des idées innovatrices apportées par les membres des comités provenant des différentes régions de la province m’ont permis de mieux cibler les défis de l’ensemble des technologues au Québec.

 

Qu’est-ce qui vous apporte le plus de satisfaction dans votre implication?

L’apprentissage des lois et règlements, la lecture des documents reliés aux différents dossiers ainsi que la participation active à certains comités m’ont apporté beaucoup de satisfaction professionnelle et une vue d’ensemble des enjeux de notre profession dans le système professionnel.

 

De quelle réalisation êtes-vous la plus fière?

En dernier lieu, une des réalisations dont je suis très fière est ma participation au Comité d’ultrasonographie qui a engendré la rédaction du Mémoire intitulé L’utilisation médicale des ultrasons et le technicien en radiologie. Les recommandations présentées dans ce mémoire furent fréquemment utilisées au cours des années.

 

À votre avis, quelles sont les qualités recherchées chez les technologues de demain? Pourquoi?

De nombreux défis sont à la portée des technologues de la génération Y ou génération des milléniaux. L’utilisation des technologies de l’information et la venue de l’intelligence artificielle dans le milieu de l’imagerie médicale vont permettre aux technologues actuels et futurs d’entrer dans une ère nouvelle de production et d’utilisation de nouveaux outils dans l’ensemble du milieu médical. Soucieux d’innover, le technologue ouvert d’esprit, créatif, intéressé à s’impliquer aura devant lui beaucoup de champs cliniques dans lesquels ses compétences seront sollicitées. Afin d’accéder à ces possibilités, le technologue devra démontrer de l’intérêt à acquérir des nouvelles fonctions qui seront jumelées à différents titres d’emplois. Considérant que le workflow des examens est maintenant accessible partout au Québec, ceci exigera de la part de l’ensemble des intervenants un contrôle de qualité de tous les instants et ceci à tous les niveaux de la chaîne de production : ADT-Réception du patient, RIS-PACS-Flux de travail, IT-Technologies de l’information, Imagerie médicale, Archiviste médicale-traçabilité des examens, etc. Il faut considérer que la sécurité, la confidentialité, la disponibilité et l’intégrité des données sont à l’ordre du jour du travail quotidien du technologue actuel.

En dernier lieu, le technologue de demain sera éveillé, organisé, impliqué, innovateur et ceci ne nuira aucunement à son intérêt à conserver ce besoin de liberté que la génération Y sollicite tant. Avis aux intéressés : l’innovation est à votre portée! et aux dirigeants : l’écoute, le mentorat et la mise en place des éléments de faisabilité demeureront un gage d’ouverture et de réussite pour les technologues de demain.

 

Quels sont les personnes qui vous inspirent? Expliquez pourquoi.

Voici deux personnes qui ont et continuent à enrichir mon intérêt toujours grandissant du secteur de l’imagerie médicale.

Dans un premier temps, j’ai eu le privilège de côtoyer, entre autres, une personne d’exception qui a su nourrir chez moi ce besoin d’apprendre, de partager et qui m’a inspirée tout au long de ma carrière. 

  • Sœur Marie Thérèse Gauthier, initiatrice du premier programme en échographie au Québec. Femme de carrière et de tête, Sœur Gauthier est allée chercher un programme existant en échographie hors Québec afin d’offrir une première « Attestation d’études collégiales » et, de cette façon, améliorer le cursus des technologues apprenants cette nouvelle technologie. De plus, faisant partie des pionnières en échographie au Québec, elle fut pour moi un tremplin vers une participation grandissante aux divers comités de l’Ordre dont le premier fut celui en échographie.

 

  • Monsieur Yoshua Bengio, chercheur de l’Université de Montréal, spécialiste en intelligence artificielle et pionnier de l’apprentissage profond est un exemple de dépassement et d’implication. La lecture des multiples articles concernant ce sujet m’inspire et me permet de me questionner sur l’implication du technologue de demain. Comment le technologue doit-il s’intégrer dans cette avancée scientifique? Comment peut-il s’impliquer au quotidien dans son milieu? Comment peut-il développer son intérêt et sa créativité ? Ces questionnements suscitent chez moi les plus grands intérêts.

 

Quel est votre rêve le plus fou pour la profession?

Un travail de concertation des différentes instances de tous les niveaux afin de dispenser des soins de qualité plutôt que d’effectuer un travail en silo. Les directions, les technologues et autres professionnels de la santé doivent continuer à se consulter afin d’assurer la continuité des services de qualité au patient.  Qui ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?

Un discours déjà entendu qui doit être renouvelé à chaque instant. Les technologues de demain ayant pris en charge leurs secteurs d’activités seront fiers de leur exploit. C’est dans le travail quotidien que ce rêve le plus fou peut être réalisé. La satisfaction d’un travail bien accompli permettra à chaque technologue d’apporter sa propre contribution à sa profession.

Heureuse de pouvoir vous côtoyer chers technologues au cours des années qui suivront.