Édition de mai 2018 | Parution 08

Portrait du mois

Joanne Béland, t.i.m. (E)

Le prix de technologue Émérite honore un membre qui se distingue par ses accomplissements, tels que l’excellence de sa carrière professionnelle, sa contribution soutenue et remarquable à la profession ou encore son rayonnement exceptionnel. Cette année, l’Ordre décerne le prix à Joanne Béland, t.i.m.

Qu’est-ce qui vous a attirée dans le domaine médical, comme technologue?

J’étais forte en sciences et j’appréciais particulièrement la biologie, la chimie et la physique. Et c’était important pour moi d’être en contact avec les gens. Tout cela mis ensemble m’a naturellement amenée vers la médecine nucléaire.

En quelques mots comment résumeriez-vous votre carrière?

Diplômée du Collège Ahuntsic en 1979, j’ai été technologue pendant 3 ans, puis assistante-chef technologue, et ensuite chef de service en médecine nucléaire et à l’admission-inscription. En parallèle, j’ai obtenu un certificat en technologies de l’imagerie médicale et fait des études en gestion des services de santé. Je me suis impliquée à l’Ordre dès 1985, d’abord au comité des examens, puis à d’autres instances et au sein du conseil d’administration.

J’ai reçu le prix Mérite du CIQ en 1997. J’ai aussi rédigé le premier Guide de pratique en médecine nucléaire, en collaboration avec deux collègues. J’ai par la suite poursuivi mes études à la maîtrise (MBA) et j’ai alors accédé à des postes de cadre supérieur. Dans cette fonction, j’ai été en contact avec toutes les réalités du Réseau, j’avais une perspective élargie, ce qui représentait un « plus » au sein du CA de l’Ordre.

Quelle est votre plus grande satisfaction professionnelle?

Ma plus grande satisfaction professionnelle est d’avoir contribué activement à l’avancement de la profession, à la reconnaissance professionnelle des technologues. Je me suis toujours présentée comme technologue, quel que soit le poste que j’occupais. Dans ma carrière, j’ai participé à la prise de décisions complexes, de même qu’à l’amélioration continue de la gouvernance de l’Ordre dans le contexte du système professionnel.

On l’a vu au cours des années, les domaines de la médecine nucléaire et de l’imagerie médicale ont beaucoup évolué. Vous avez été au cœur de ces changements, comment cela a-t-il affecté votre travail?

Avec les changements vient la nécessité de se tenir à jour. Comme technologues, nous avons la responsabilité de rester à l’affût non seulement des avancements de la technologie, mais aussi des réalités qui nous entourent, notamment en ce qui concerne l’approche envers les patients, les différentes normes et les moyens d’améliorer nos processus et nos délais. Pour ce faire, plusieurs moyens s’offrent à nous : lectures, participation aux congrès et aux colloques, participation à des comités dans nos milieux de travail ou à l’Ordre.

Comment les changements ont-ils affecté votre approche à l’égard des patients?

Ma mère a eu un cancer du sein quand j’étais dans la vingtaine; cela a grandement humanisé mon approche. Et il est évident que les patients sont beaucoup mieux renseignés et exigeants qu’auparavant. Par ailleurs, nous devons être à l’écoute des patients et de leurs accompagnateurs, identifier des solutions avec eux et développer une approche multiculturelle; le patient devient un partenaire.

Vous vous êtes beaucoup engagée auprès de votre ordre professionnel au fil des ans. Quelle importance cela a-t-il eue pour vous ?

J’ai commencé à m’engager très tôt au sein de l’Ordre, et cela m’a permis de grandir comme individu et comme professionnelle. Mon implication à l’Ordre comme jeune technologue m’a fait mieux comprendre ce que signifie « être une professionnelle » au Québec et les enjeux du système professionnel.

Quand on s’implique, il s’installe une réciprocité. On apporte nos compétences, nos idées, mais on reçoit beaucoup également. Quand on revient dans notre milieu de travail, on a une vision beaucoup plus élargie de la profession, de l’environnement dans lequel cette profession se situe. Je pense qu’on est une meilleure technologue, une meilleure gestionnaire, parce que l’on intègre ces éléments-là dans notre vision et dans notre façon d’intervenir dans notre milieu de travail.

Quelles recommandations feriez-vous à la relève?

Je recommanderais aux nouveaux technologues de s’impliquer au sein de leur profession, que ce soit à l’Ordre, dans leur milieu de travail ou ailleurs. Je les inviterais à se tenir informés, à poser des questions, à être critiques, à proposer des solutions innovantes et réalisables, à démontrer un esprit d’ouverture et de collaboration. En résumé : apporter une contribution distinctive et constructive.

Chaque technologue est l’image de sa profession; la reconnaissance professionnelle passe par la crédibilité dont chacun de nous fait preuve face aux patients et aux autres professionnels côtoyés au quotidien.

Quel est votre rêve le plus fou pour la profession?

Mon rêve le plus fou pour l’avenir de la profession : que les technologues acquièrent davantage d’autonomie professionnelle et qu’ils développent des compétences qui sont en périphérie, qui sont peu exploitées dans la formation initiale des technologues. Par exemple, comment monter un projet de recherche, rédiger et publier des articles scientifiques, faire l’enseignement du patient, des technologues et d’autres professionnels, etc.